Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

La bonté faite chien

Imprimer Par Raphaël Pinet

Il est difficile d’aborder un tel sujet qui peut choquer les uns et néanmoins intéresser ceux qui se posent la question, une question somme toute banale mais qui peut jalonner la question de foi des enfants dans une famille en recherche de Dieu.

Le petit chien que les enfants avaient adopté voilà deux ans, celui qui partageait leur vie et leurs peines, un compagnon de jeux et même un compagnon de joie, un petit être à quatre pattes à l’intelligence forcément limitée mais dont l’instinct le portait à se tenir proche des enfants dans les petites détresses que la vie nous réservent, ce petit chien, dis-je, a été violemment heurté par un camion devant la maison et sous les yeux de celles pour qui il comptait le plus, nos quatre dernières filles. Vous pouvez imaginer le drame et les larmes de nos enfants en état de choc pendant plus d’une heure. Leur petite chienne furetant insouciante la minute d’avant, puis le choc et les restes du corps aimé, meurtri, pleuré fut-elle une pauvre bête sans âme. Rien, la mort. Puis les « funérailles » organisées en famille.

Encore une fois, je m’adresse humblement aux personnes qui ont perdu un être cher et que ces lignes pourraient choquer. Telle n’est pas mon intention alors que je cicatrise le deuil d’un proche récemment disparu.

Comment répondre à la question qui vient, à l’interrogation sur la mort et qui est un refus de la mort, une espérance : est-ce que notre chienne va aller aussi au paradis ?

Derrière cette inquiétude d’enfant, c’est tout le drame de notre « humaine condition », la conscience de notre finitude, la certitude que tout a une fin. C’est aussi la marque d’une évolution dans la pensée humaine où les animaux commencent à avoir une histoire, où les humains que nous sommes, commençons à comprendre les liens indissolubles qui nous unissent à cette création commune dont nous sommes les enfants. Qui n’a pas, un jour, été troublé par ces rares instants où l’on perçoit en un éclair fugace, le sentiment de communiquer par-delà l’espèce et l’intelligence avec un animal qui rend d’un coup notre humanité plus vaste et plus généreuse ?

Qui n’a pas été troublé par cette bonté foncière qui habite certains animaux au contact de l’homme, d’une bonté dont certains hommes, hélas, ne sont pas tous aussi pourvus ? Anthropomorphisme, projection de soi, diront certains. Et si nous étions à la veille d’élargir notre compréhension de la Création à la dimension de tout être vivant ? Et si, finalement, sans apporter d’autres réponses que d’affirmer la légitimité nouvelle de cette question, il fallait simplement accueillir la question de cette petite devant son chien comme un appel à la compréhension plus vaste d’une plus grande générosité de Dieu à l’égard de sa Création ?

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