Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

Christ-Roi. Année B.

Imprimer Par Dominique Charles, o.p.

Jésus est roi et son règne n’aura pas de fin

Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle qui mendiait était assis au bord de la route.
Entendant une foule arriver, il demanda ce qu’il y avait.
On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait.
Il s’écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
Ceux qui marchaient en tête l’interpellaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! »
Jésus s’arrêta et ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? – Seigneur, que je voie ! »
Et Jésus lui dit : « Vois. Ta foi t’a sauvé. »
A l’instant même, l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa ses louanges à Dieu.

COMMENTAIRE

Les lectures de ce dernier dimanche de l’année liturgique nous invitent à comprendre en quel sens on peut proclamer que le Christ Jésus est « roi » de gloire.

Depuis les débuts du christianisme, on a vu en lui ce « fils d’homme » de la vision du prophète Daniel qui reçoit domination, gloire et royauté. Il est probable que Jésus lui-même se soit référé à ce passage du livre de Daniel (et à celui qui a été lu dimanche dernier) comme cela apparaît au cours du procès devant le Sanhédrin, dans la réponse qu’il donne au grand prêtre (Mt 26,64 ; Mc 14,62 ; Lc 22,69). Ainsi, Jésus est celui que tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues serviront. Dans ce titre de « fils de l’homme », l’Église a reconnu la figure du Christ, ressuscité et glorifié, qui se tient à la droite de Dieu (vision d’Étienne en Ac 7,55-56), le Seigneur de l’Univers, celui qui doit venir à la fin des temps pour juger l’humanité.

Nous proclamons sa royauté dans le Credo quand nous disons : « Il ressuscita le 3e jour et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin ». C’est le même passage de Daniel qui est évoqué dans le livre de l’Apocalypse (2e lecture) où Jésus est qualifié de « premier-né d’entre les morts » et surtout de « souverain des rois de la terre ». L’Apocalypse ajoute : « Voici qu’il vient parmi les nuées et tous les hommes le verront… »

Dans tous ces textes, on donne à Jésus le titre de « Seigneur de l’Univers ». C’est lui qui doit venir à la fin des temps pour juger le monde et mener à son accomplissement le plan de salut du Père. Jésus jugera avec miséricorde. Sa royauté sera éternelle parce qu’elle sera une royauté de miséricorde. Il viendra condamner le péché et renverser définitivement le pouvoir du mal sur le monde. Le Christ n’a pas conquis le titre de Roi des rois, de Seigneur de l’univers. Il a reçu de Dieu le Père cette gloire royale et ce pouvoir d’exercer le jugement. Il les a reçus et c’est ce que rappellent toutes les lectures.

C’est le vieillard, l’Ancien, qui donne au fils d’homme domination, gloire et royauté éternelle. C’est parce qu’il fut le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, c’est-à-dire celui qui a souffert pour nous la passion et la mort, que le Père l’a ressuscité d’entre les morts et l’a fait « souverain des rois de la terre ». C’est à ce Jésus Roi « qui nous aime et nous a délivrés de nos péchés par son sang », selon les mots de l’Apocalypse, que nous disons : « à lui, gloire et puissance pour les siècles des siècles ».

Si il peut nous juger avec justice, nous les hommes, c’est parce qu’il est Dieu, au commencement et à la fin de toutes choses, « alpha et oméga, celui qui est, qui était et qui vient » ; c’est aussi parce qu’il est devenu l’un de nous, véritablement homme et qu’il nous a aimés en donnant sa vie pour nous. Notre juge, c’est celui qui a acquis la dignité royale de la main du Père après avoir tout donné de lui-même pour nous sauver de la mort et du péché. Il a lui-même dit qu’il n’était pas d’abord venu pour juger mais pour sauver ce qui est perdu (Lc 19,10 ; Jn 12,47).

Il n’est donc pas comme les hommes, il ne cherche pas à tout prix le pouvoir pour dominer sur les autres. Le Roi des rois, comme le dit si bien Paul dans l’épître aux Philippiens, est « de condition divine, il s’est abaissé en se faisant semblable aux hommes et serviteur jusqu’à la mort de la Croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre, et aux enfers et que toute langue proclame : Jésus est Seigneur… » (Ph 2,6-11).

Jésus est roi, mais pas à la manière des hommes. Il n’est pas roi comme César. Il répète à deux reprises : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ! » À sa manière, Pilate confesse que Jésus est roi quand il dit : « Donc tu es roi. » Oui, Jésus est roi ! Mais Pilate pense aux rois de la terre. Il n’a pas la foi pour lui permettre de comprendre les paroles de Jésus. Nous qui croyons en Jésus, nous pourrions répondre à Pilate que Jésus est le seul véritable roi. Comment Pilate pourrait-il comprendre que la royauté de Jésus se manifeste dans sa passion et sur la croix ? Et pourtant, sans le savoir, il a proclamé la vérité sur l’identité de Jésus en écrivant sur l’écriteau de la croix : « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs ».

Dans son récit de la Passion, saint Jean présente Jésus comme un roi : Pilate veut relâcher le « roi des Juifs » et il fait inscrire ce titre sur la croix ; il le présente avec une couronne et un manteau de pourpre, en disant : « Voici votre roi ! » ; les soldats se moquent de Jésus en criant : « Salut, roi des Juifs ! » Mais, c’est surtout sur la croix que Jésus trône en roi de gloire : « élevé de terre, il attire à lui tous les hommes » (Jn 12,32). Tous regardent vers celui qu’ils ont transpercés ! (Jn 19,27 ; Za 12,10).

En ce dernier dimanche de l’année, tournons-nous avec confiance vers le Seigneur des seigneurs qui trône sur la croix et qui attire à lui tous les hommes. Tournons-nous plein d’espérance vers le Roi de l’univers dont la victoire sur la mort nous ouvre son royaume. Il est le Roi de Gloire parce qu’il s’est abaissé jusqu’à nous pour nous sauver de notre misère. Il s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa gloire (cf. 2 Co 8,9). Faisons confiance à celui « qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume de prêtres pour Dieu son Père. À lui gloire et puissance pour les siècles des siècles. Amen ! »

Frère François-Dominique CHARLES, o.p.

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