Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

31e Dimanche du temps ordinaire. Année B.

Imprimer Par François-Dominique Charles

Vivons la charité dans la rencontre de tous !

Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l’Unique et qu’il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

COMMENTAIRE

Jésus ne cesse d’entraîner ses disciples dans une ouverture à tous les hommes. Il parle à tous ceux qu’il rencontre sur sa route ; il va dans toutes sortes de maisons et on le critique à cause de cela. Il rencontre les religieux pharisiens ; les publicains, les prostituées ; ceux qui rendaient impur quiconque les touchait comme les lépreux, les femmes qui avaient des pertes de sang, les morts ; il côtoie des hérétiques comme les Samaritains ; il accueille des centurions de l’armée d’occupation romaine…

Jésus apparaît comme un homme extrêmement libre de tous les conditionnements sociaux de son temps, libre également envers sa famille et les gens de son village. Il a soif de rencontrer tous ceux qui s’approchent de lui et qui le questionnent ou implorent son secours, même s’il s’agit d’étrangers venant des régions païennes qui entourent la Galilée. En cela, Jésus est un vrai modèle pour nous. Partout, il est le même, quelle que soit la personne qu’il rencontre. Jésus reste Jésus avec les Pharisiens, les pécheurs, les étrangers, les pauvres, les malades, les exclus. Il recherche la rencontre de tous, il est ouvert à tous ! Il ne passe pas sa vie au Temple de Jérusalem à prier sans cesse le Père. Il le prie au milieu de ceux qu’il rencontre : « Je te loue Père d’avoir révéler ton mystère aux petits… » Quand il prie à l’écart, on vient vite le déranger car on le cherche.

Jésus apparaît dans les évangiles comme un grand marcheur qui va à la rencontre de tous en parcourant villes et villages en Galilée, en Samarie et en Judée. S’il va souvent dans les synagogues, c’est pour écouter la Parole de Dieu et la commenter. Mais il prêche aussi partout, il enseigne partout : sur les rives du lac, dans la montagne ou la plaine, dans les maisons et sur les places publiques. Tous les événements sont des occasions qu’il saisit pour enseigner et agir ; il parle le plus souvent ouvertement, devant tous. Voilà ce qui a touché ses contemporains et ses disciples qu’il a envoyés dans le monde entier à la rencontre de toutes les nations. Jésus a demandé à ses premiers apôtres d’aller partout proclamer son évangile et de faire de nouveaux disciples qui proclameront à leur tour l’Évangile… Nous sommes aujourd’hui les disciples de Jésus. Jésus nous envoie à notre tour partout pour proclamer sa bonne nouvelle et vivre son commandement d’amour.

Au scribe de l’évangile qui l’interroge sur le plus grand commandement, Jésus répond en citant deux commandements. Le premier n’est autre que le credo du judaïsme que tout juif religieux doit répéter chaque jour. C’est un passage du livre du Deutéronome (1ère lecture) : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. » Et, comme pour commenter ce grand commandement de l’amour de Dieu, Jésus lui associe un second, celui de l’amour du prochain, pris dans le livre du Lévitique. Puis, il ajoute : « Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là ». Ainsi, le plus grand des commandements est double, ou plutôt, les deux commandements n’en forment qu’un. Ils sont tous les deux nécessaires dans la vie croyante comme il faut deux jambes pour marcher. La vie chrétienne consiste donc à aimer le Seigneur Dieu de toutes nos forces en aimant notre prochain. Le christianisme apparaît principalement ici comme une religion qui, loin d’inviter à passer son temps en prières, demande avant tout de vivre la charité partout et envers tous. C’est bien ce que semble dire le scribe : « aimer Dieu et son prochain vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices ». Il parle des sacrifices et des offrandes offertes à Dieu dans le temple de Jérusalem. Ce scribe est devenu disciple de Jésus. Il a compris que le plus important consiste à aimer Dieu en servant et en aimant nos proches.

Si le christianisme est missionnaire, c’est avant tout à cause du commandement de l’amour. Car, si nous sommes des disciples de Jésus, alors nous ne pouvons pas rester indifférents à tous ceux qui nous entourent. Nous ne pouvons pas demeurer silencieux et inactifs dans les lieux où nous vivons. Toutes les occasions sont bonnes à saisir pour entrer en relation avec les autres : ceux avec qui nous travaillons, ceux que nous croisons dans la rue et les transports en commun, ceux qui habitent à côté ou en face de chez nous. La pratique du commandement de l’amour commence par l’attention permanente aux autres : une salutation, un sourire, un petit service rendu, une place assise laissée à quelqu’un de plus âgé ou qui est handicapé, une main tendue à l’aveugle pour l’aider à traverser la rue… Il y a tellement de gestes qui peuvent changer le monde quand ils sont faits par gentillesse et dans une totale gratuité. Ne soyons pas chrétiens en cachette, en allant prier en secret à l’église. Vivons au grand jour la rencontre de tous avec une grande charité, comme Jésus.

Frère François-Dominique CHARLES, o.p.

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