Dieu en famille,

Responsable de la chronique :
Dieu en famille

A petits pas

Imprimer Par Élaine Champagne

La vie quotidienne est remplie de situations, d’événements ou de rencontres que nous pouvons relire comme autant de traces de la présence de Dieu. Ces moments peuvent susciter notre gratitude ou une action de grâce. Ils peuvent aussi nous laisser entendre un appel à nous rendre attentifs à la vie. Ils peuvent encore nous instruire, éclairer notre regard, ouvrir notre cœur à la vie des autres en même temps qu’à la vie de Dieu. Dans ma vie, la présence des enfants offre souvent ce genre d’occasion.

Je participais à une eucharistie quand j’ai vu la petite Mégane, toute menue, toute délicate, toute silencieuse, s’approcher de moi. Elle n’avait pas de souliers et commençait à peine à marcher. Elle a commencé par regarder la personne assise au bout de l’allée, juste à côté de moi et tout près d’elle. Puis après ce coup d’œil, elle s’est intéressée à ce qui l’entourait. A sa hauteur d’yeux, elle pouvait explorer le côté du banc et l’espace sous le banc de devant. Elle observait ce qui l’entourait, en se retournant doucement. Puis, d’un geste déterminé, Mégane s’est penchée et a posé ses deux mains sur l’agenouilloir rembourré pour prendre appui. Elle a tenté vaillamment d’enjamber de ses pieds menus le côté pivotant puis s’est retournée pour s’assoir. Pouf! C’était le banc parfait. Juste à sa hauteur. Mais la vue était mauvaise. Elle y est restée un moment, puis a repris son exploration silencieuse. De nouveau debout, elle est d’abord allée jusqu’à l’autre bout de l’allée, toujours en se tenant avec l’agenouilloir. C’était tout de même une bonne distance pour elle. De retour près de moi, elle est ensuite ressortie dans l’allée, sans s’éloigner du banc. C’est alors qu’elle a tenté quelques pas sans ses mains. De petits pas fragiles et titubants. Deux ou trois qui demandaient toute sa concentration. Un succès! Elle a vacillée, mais elle n’est pas tombée! Son père, est alors venu la chercher et la prendre dans ses bras.

Je ne me souviens plus si ce que je voyais était en liens avec ce que j’entendais de la Parole de Dieu ou de l’homélie. Mais je me souviens avoir vu dans les pas de Mégane, les pas de ma foi, parfois fragiles et titubants, parfois plein d’audaces, me menant en des lieux encore inconnus. J’ai vu dans les petits gestes et les petits pas de Mégane la foi de la communauté de croyants que nous formons. Des pas qui ont besoin de soutien, mais qui osent la vie.

J’ai aimé voir les efforts soutenus et paisibles de Mégane. Silencieuse, elle habitait son corps et ses gestes. Elle était toute attentive à ses sens et à ses découvertes. Le monde est tout neuf à cet âge. Mais qu’en est-il de moi? Qu’en est-il de nous? Comment est-ce que j’habite mon présent? Ma vie? Sommes-nous ouverts à ce qui nous entoure? Nos efforts sont-ils paisibles? Est-ce que je sais m’assoir pour prendre conscience, pour réaliser le point de vue qui m’est offert? Quels sont nos repères pour avancer ensemble?

Les pas de Mégane étaient tout petits, mais audacieux. Tiens. Cela me rappelle un psaume…

« Seigneur, je n’ai pas le cœur fier, ni le regard hautain. Je n’ai pas pris un chemin de grandeurs (…) Je tiens mon âme en paix et silence; comme un petit enfant contre sa mère, comme un petit enfant, telle est mon âme en moi. » Psaume 130

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dieu en famille

Les autres chroniques du mois