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Dieu en famille

De l’eau et de l’Esprit

Imprimer Par Élaine Champagne

Alors que je participais à un partage de foi avec un groupe d’adultes qui cheminent chrétiennement, l’un d’entre nous nous invitait à préciser quel visage prenait Dieu dans notre vie. Qui est Dieu pour nous? Quelle figure prend Dieu dans nos vies? A quoi ressemble Dieu? Est-ce que Dieu est Tout-puissant, au-dessus de la mêlée, ou bien presque invisible, dissimulé par un voile de brouillard? Est-ce que Dieu est un parent bienveillant? Est-ce que Dieu est un justicier, un horloger ou un gestionnaire? Ou bien est-ce que Dieu prend le visage de mes proches dans des gestes de soutien, dans des interpellations pleines de sollicitude ou dans la tendresse?

Pour plusieurs du groupe, c’est Jésus, Celui que l’on appelle Christ, qui nous dit le mieux le visage de Dieu. « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9). En Jésus, Dieu se fait proche. Dieu prend visage humain et nous révèle que nous sommes créés à son image, que nous sommes ses enfants. C’est ainsi que nos sœurs et frères humains peuvent nous dire Dieu, à travers les gestes simples du quotidien. Les gestes d’attention à l’autre, de bienveillance, les regards rieurs, les sourires et la joie comme les pleurs de douleur ou de compassion nous disent le meilleur de ce qu’il y a d’humain en nous. Et par là même, ils nous disent l’empreinte de Dieu en nous. C’est ainsi que nous pouvons le reconnaître.

La conversation, la réflexion de notre soirée se poursuivait en toute simplicité. Certains étaient plus sensibles à la dimension indicible de notre Dieu. Car ultimement, Dieu nous dépasse infiniment, à un point que tout ce que nous pouvons en dire ne reste qu’infime poussière par rapport à ce que Dieu est dans son Être. Comment concevoir dans nos limites humaines ce Dieu infini? Rien de ce que nous pouvons en exprimer ne peut rendre compte de Dieu… Qui peut connaître l’Être de Dieu?

Sinon l’Esprit… Or l’Esprit ne nous explique pas qui est Dieu… L’Esprit nous inspire cette relation confiante avec Celui qui nous est plus intime que nous-mêmes et qui en même temps demeure en quelque sorte un mystère. Être en relation avec quelqu’un, ce n’est pas d’abord le saisir – même si nous cherchons souvent à « saisir » ceux et celles qui nous sont proches… La relation comme rencontre de l’autre est d’un autre ordre. D’autant plus lorsqu’il est question d’amour…

C’est alors qu’une maman de quatre jeunes enfants a pris la parole. Elle nous a raconté comment son petit dernier d’un an et demi s’amusait à faire ce qu’avaient fait avant lui son frère et ses sœurs, alors qu’ils avaient le même âge. Dans son bain, avec patience et fascination, il cherche à prendre l’eau dans sa petite main. Il regarde l’eau, il regarde sa menotte qu’il referme doucement, et sans se lasser, jour après jour, il cherche à saisir l’eau. L’eau est belle et attirante. Il y baigne, confortable et serein. Il y joue, il éclabousse et fait des clapotis. Mais il cherche aussi à saisir… Comme nous, conclut la maman. Nous cherchons à saisir… Nous sommes en Dieu… Nous sommes fascinés… Nous voulons saisir. Et Dieu est là. Et Dieu nous aime.

Quelque chose de Dieu s’était révélé à la maman, à travers le visage et les gestes de son fils et de ses autres enfants. Et à travers ses paroles et son propre émerveillement, nous aussi, nous avons pu deviner… Ne sommes-nous pas baptisés dans l’eau et dans l’Esprit?

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