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«Rendez à César ce qui est à César…»

Imprimer Par Denis Gagnon

Un jour, des pharisiens et des hérodiens s’approchent de Jésus. Dans le but de le mettre à l’épreuve, ils l’entraînent au royaume de la politique. Plus précisément, la question porte sur l’impôt réclamé par César. Est-il permis ou non de le payer? Jésus se fait présenter une pièce de monnaie où se trouve gravée l’effigie de l’empereur. Et il donne cette réponse magistrale : «Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.» (Matthieu 22, 21)

Ce jour-là, Jésus ne lançait pas un débat sur la laïcité comme celui qui nous occupe de nos jours dans les pays occidentaux. Mais il fournissait une devise aux tenants de la laïcité comme aux artisans de la sécularisation.

Souvent, en présence de partisans de la laïcité, les croyants ont l’impression de se trouver devant des ennemis. Parmi ceux-ci, il existe des opposants farouches à toute expression de la religion sur la place publique. Mais dans l’ensemble, la laïcité est une très bonne chose pour les religions. Elle constitue une solide protection des libertés, liberté de religion, liberté de conscience.

Dans les milieux où se voisinaient plusieurs confessions religieuses, les croyants ont rapidement compris qu’ils n’avaient d’avenir que dans l’accueil les uns des autres. S’ils n’allaient pas jusqu’à s’embrasser chaleureusement, ils se toléraient du moins. Beaucoup de chrétiens et de chrétiennes ont fini par reconnaître que la charité ne comporte pas de restriction. Le Christ demande qu’on aime ses ennemis, mais finalement les autres croyants n’étaient probablement pas des ennemis. Et quand les relations dégénèrent en bataille, il s’agit souvent d’une affaire de tempérament plutôt qu’une question philosophique ou théologique.

Quand les athées sortirent de l’ombre et entrèrent dans le débat public sur le sens de la vie, ils ont fait peur. Des croyants ont été ébranlés. Mais, avec le temps, le nombre aidant, les incroyants ont obtenu leur place au soleil qui brille autant sur les méchants que sur les bons, comme disait Jésus (Matthieu 5, 45). La peur a cédé la place au dialogue et à l’accueil réciproque. Du moins, en général.

La terre est trop petite pour se bagarrer continuellement. Les débats sur les libertés religieuses et la laïcité devraient servir d’exemples aux pays où sévissent la guerre et le génocide. Exerçons un dialogue constructif. Construisons des ponts pour des échanges sans prosélytisme. Aimons-nous, comme le chantent les poètes. Devenons de bons voisins sans envahir le jardin de l’autre.

En plus d’être des artisans de paix sur une planète qui ne mérite pas la guerre, nous nous aiderons mutuellement à préciser nos identités respectives. La différence de l’autre permettra de préciser, de mieux dessiner notre propre personnalité. Le nom de Dieu ne résonne pas de la même façon pour tous et toutes. Mais chacun et chacune peuvent apprendre au contact de la spécificité de l’autre.

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