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Dieu en famille

Pour continuer de grandir…

Imprimer Par Élaine Champagne

Dans une très belle réflexion sur le Petit Prince de Saint-Exupéry, Paul Meunier commente ce que sont les « grandes personnes » :

« Les grandes personnes du Petit Prince semblent savoir ce qu’elles cherchent alors qu’en fait elles s’agitent et tournent en rond, comme un chien après sa queue ! (…) Puisqu’elles ont perdu, sans le savoir, le sens des choses, puisqu’elles ne savent plus vraiment ce qu’elles cherchent, elles trouvent alors n’importe quoi ! Et ce « n’importe quoi » tend à s’absolutiser, à prendre tout la place, à se vautrer sous les vocables du sérieux et du raisonnable, car ce « n’importe quoi » confère néanmoins un pseudo-sens à leur existence. Quiconque considère les activités comme des fins en soi perd sa courte existence à poursuivre du vent ! Mélangeant tout, (…) l’homme cesse de croître ; alors il se sclérose et devient un « adulte », c’est-à-dire « un être vivant qui est parvenu au terme de sa croissance » dit le dictionnaire, ou un « sédentaire du cœur » ».

Ainsi, le secret pour rester jeune ne serait pas nécessairement – ou uniquement – de se faire petit, mais bien de continuer à grandir… Il ne s’agirait pas d’un retour en arrière, mais bien d’un mouvement, d’un dynamisme qui nous pousse toujours plus en avant, dans le déploiement de nous-mêmes.

L’enfant, le tout-petit qui grandit n’a pas le regard fixé sur lui-même, mais bien sur ceux qui l’entourent, sur ce qui l’environne. Plus son milieu est sécurisant, plus ses relations avec ses proches sont empreintes d’affection et de confiance, plus il cherche à explorer, à découvrir le monde. Le jeune enfant s’ouvre au monde. Il est disponible à la nouveauté qui sans cesse fait irruption dans sa vie. Le jeune enfant investira alors naturellement ses ressources intérieures pour accueillir et donner à travers ses relations interpersonnelles. C’est cela même qui le garde en mouvement de croissance. Les relations occupent la première place de son existence toute neuve.

Ainsi, le mouvement de croissance n’a rien d’une ambition de réussite, si ce n’est l’ambition de « grandir » ! Et il y a de la joie à grandir ! Il y a de la joie à demeurer en mouvement, en marche. La sécurité, la stabilité vient alors de la perception, de l’intuition de l’essentiel qui nous attire, qui nous appelle et qui participe au déploiement de la joie qui nous habite. Et cet essentiel est relationnel. Le pèlerin du cœur, même s’il traverse les paysages changeants et parfois arides de la vie, s’il demeure ouvert à l’autre, garde vivante la joie du cœur.

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