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Joyeux Noël!

Imprimer Par Élaine Champagne

Dans un quartier de Montréal, la population a été récemment consultée pour renommer la période des fêtes que nous traversons au tournant de la nouvelle année. Les commerces locaux préfèrent ne plus utiliser le traditionnel « Joyeux Noël » pour célébrer la saison. On dira plutôt « Joyeux décembre! » ou « Joyeux hiver! » Cette tendance n’est pas uniquement locale. Plus largement au Québec, de grandes chaînes commerciales ont choisi de faire de même, et jusqu’aux institutions publiques.

Ma première réaction était celle de l’incrédulité face à un tel rigorisme. Certains groupes sociaux s’acharnent à effacer toute trace de christianisme dans notre société qui semble viser, il ne faut pas se le cacher, une laïcité stricte. Mais là n’est pas mon propos. Je m’interroge plutôt : que peut-il y avoir d’offensant à parler de Noël? Comment la naissance d’un enfant fragile et vulnérable, pauvre de surcroît, peut-elle être menaçante, même dans une société plurielle?

Une courte visite sur Wikipédia au mot Noël me ramène de manière réaliste à ce que la fête de Noël est devenue pour le tout-venant : une fête commerciale. Chaque année, nous dénonçons ce fait de plus belle. Quel sens auront les fêtes cette année?

Or je suis frappée tout à coup de ce que les commerçants désirent un nom commercial à une fête commerciale. N’ont-ils pas raison? Parce que la fête chrétienne de Noël n’a finalement rien à voir avec la course folle qui accompagne le « temps des fêtes »… Peut-être que sans le savoir, ces mêmes commerçants vont nous aider, à nous chrétiens, à redécouvrir plus spirituellement ce que nous voulons célébrer joyeusement.

Peut-être Noël deviendra-t-il un peu moins tapageur lorsque la rue fêtera décembre ou l’hiver. Peut-être alors serons-nous à même de mieux entendre Dieu s’immiscer discrètement dans nos familles, chez les plus petits. Comme si le quotidien était ce qu’il y avait de plus beau dans notre vie humaine, au point que Dieu vienne le partager. Dieu avec nous, Emmanuel. Dieu parmi nous, au milieu de nous. Simplement. Comme si ce que nous n’osions plus désirer de vie « vraie » nous arrivait avec douceur, comme le plus beau des cadeaux. Comme si l’inattendu taquinait notre espérance la plus profonde, la plus sincère. Comme si enfin, Dieu se faisait proche jusqu’à l’intime, se laissait voir face à face, se laissait entendre, là où nous ne l’aurions pas même imaginé.

Le récit biblique ne nous parle que d’un jeune couple en déplacement. Un enfant qui naît. Des petites gens qui vont visiter la famille. Et toute la joie du monde qui rayonne jusqu’alentour.

Noël : une fête d’enfants? Fête enfantine d’une histoire de famille? Ou fête de l’ordinaire du quotidien discret qui ne fait pas de bruit? Fête du don de soi des parents? Fête d’une gratuité de jeunesse? Fête de l’espérance qu’accompagne une naissance? Fête de l’espérance qui nous fait renaître. Fête du plus petit où Dieu se cache…

Alors du fond du cœur, je vous souhaite un très Joyeux Noël!

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