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Dieu en famille

Une nouvelle parenté?

Imprimer Par Élaine Champagne

De plus en plus, selon les milieux dans lesquels nous vivons, nous rencontrons la diversité. Diversité physique ou diversité de points de vue, diversité sociales ou culturelles, diversité de spiritualités ou de religions, pour n’en nommer que quelques unes. Or les enfants témoignent spontanément des attitudes contrastées dont nous faisons preuve, comme adultes, face à celui ou celle qui est différent de nous. Les enfants sont capables de discrimination et de rejet face de l’un des leurs. Ils sont aussi capables d’un accueil inconditionnel et d’une amitié profonde avec un enfant qui aura tout d’un étranger… Et devenir amis, c’est bien plus que de tolérer la différence : c’est apprécier l’autre justement pour ce qu’il ou elle est. Étonnamment, cela nous fait découvrir un peu mieux qui nous sommes. Nous sommes réalistes : nous savons alors que de part et d’autre, nous portons un rêve, des idéaux, mais aussi des limites et la capacité de détruire.

Récemment, je participais à un colloque à l’Institut de pastorale des Dominicains, intitulé : « Le dialogue contemporain des cultures et l’apport des trois religions monothéistes. » L’événement a justement favorisé un climat de dialogue qui a permis aux participants de s’enrichir de l’expérience et de la réflexion les uns des autres au sujet des défis à relever comme croyants pour développer ensemble une vie citoyenne meilleure dans le respect des identités différentiées. (Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas si loin des enfants… Patience…)

Du colloque, je retiens cette phrase de la tradition talmudique (juive): « La Torah n’est pas au ciel! » J’y découvrais l’importance primordiale accordée par les juifs, nous disait-on, à la responsabilité humaine. Dieu ne viendra pas faire les choses à notre place. La liberté nous appartient. Dans ce récit, Dieu se dit vaincu par ses enfants. Nous sommes responsables de l’histoire et de l’avènement de cette vie meilleure à laquelle nous aspirons tous, et pour laquelle nous contribuons les uns pour les autres. Car c’est ensemble que nous portons cette responsabilité.
Je retiens également des témoignages et réflexions entendus de la tradition musulmane un appel au respect le plus profond, un appel à la révérence, une révérence libre et joyeuse face à Dieu qui habite aussi en chaque humain. Le geste de la prière, la prosternation peut laisser parfois deviner quelque chose de cette attitude religieuse profonde et sincère.

Déjà, les enfants savent nous étonner et nous bousculer par la spécificité de leur point de vue, par la nouveauté de leur intuition. Que dire, comment nous situer quand nos enfants arrivent à la maison avec des questions, des découvertes qui émergent de leur rencontre de l’autre? Ne sommes-nous pas alors convoqués à nous ouvrir nous aussi à dialoguer en vérité, pour discerner et apprécier la richesse de la vie qu’ils cherchent à dire. Et pour advenir à nous-mêmes, nous aussi.
Quel est ce Dieu auquel nous croyons comme chrétiens? Quel est ce Dieu auquel je crois et en qui je mets ma confiance? Et vous, qui dites-vous que je suis? Plus d’esquives possibles…

Durant le colloque, le dialogue et la rencontre de l’autre m’ont permis de redécouvrir sous un regard neuf l’inimaginable intimité de ce Dieu de qui nous sommes les enfants bien-aimés. Pas d’infantilisme. Cette conscience d’avoir tout reçu. Cette liberté grandissante et bienveillante de l’adulte vis-à-vis de ses parents. Révérence, responsabilité… Dans ma vie de foi, elles prennent les couleurs de la filiation. Et dans la vôtre?

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