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Enfants, nous aussi!

Imprimer Par Élaine Champagne

Les enfants peuvent nous inspirer de différentes manières. Il est apaisant de regarder un poupon tout endormi dans les bras aimants d’un parent. Il est vivifiant de regarder rire un tout-petit qui s’amuse en présence d’un adulte bienveillant. Il est fascinant de reconnaître la curiosité des jeunes et d’entendre leur point de vue émergent face à leur découverte du monde. Quant aux adolescents, bien sûr, ils ne sont plus des enfants. Mais le chemin qu’ils ont parcouru vers une vie d’homme et de femme en voie de devenir « quelqu’un » nous émerveille.

Les enfants nous disent quelque chose d’une source intérieure, d’une vie qui nous anime aussi et à laquelle nous sommes appelés à être attentifs. Mais que nous disent-ils encore, de sorte que nous puissions mieux atteindre, avec eux, « notre pleine maturité dans le Christ »?

Comme adultes, nous émerveiller de la vie ne suffit pas habituellement pas à notre quête spirituelle. Dans mon entourage, la rentrée a cette année des airs de tourbillon. En plus du rythme scolaire qui reprend, les imprévus de toutes sortes ne manquent pas. Le quotidien se tisse de toutes sortes de situations apparemment contradictoires. Des festivités et des réjouissances voisinent les événements plus sombres. Un proche est entré à l’hôpital. Un ami m’a raconté la brique qui lui était tombée dessus. Une mère m’a parlé du souci qu’elle se faisait pour la santé de son enfant. Comme adultes, et parce que nous portons la responsabilité les uns des autres, nous sentons bien que les plus grandes joies sont richement teintées de l’histoire de ces personnes qui comptent sur nous. La paix à laquelle nous aspirons est toujours étroitement liée à ces situations de nos vies où nous espérons plus de lumière. Tout n’est pas noir. Tout n’est pas blanc.

Là-dessus, les enfants ne nous disent qu’une chose : ils sont « enfants ». Ils sont fils et filles de leurs parents. Ils expérimentent dans l’intime ce lien de filiation. Ils ne viennent pas d’eux-mêmes, ils ne se font pas eux-mêmes. Ils se reçoivent d’autres personnes en même temps qu’ils sont uniques. Mystérieusement, leurs parents leur ont donné un corps. Et tout aussi mystérieusement, les personnes qu’ils rencontreront sur leur route et qui participeront à leur éducation leur permettront de devenir un peu plus, au fil des jours, qui ils sont. Ultimement, comme adultes, même si l’autonomie est assurément une valeur de grand prix pour notre société, nous sentons que ce que nous sommes nous dépasse. Il est des profondeurs de nous-mêmes dont nous n’avons que l’intuition. Nous échappons à nous-mêmes.

Il me semble qu’il y a là l’un des éléments qui a fait dire aux premiers croyants que nous venons d’infiniment plus grand que nous. Nous ne sommes pas des dieux. La vie nous le rappelle sans cesse. Mêmes nos limites peuvent nous apprendre la richesse de ce que nous sommes. Mais notre foi chrétienne nous fait dire que « Dieu a fait de nous des fils et des filles ».

« Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu; et nous le sommes! Dès à présent nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. » (1 Jn 3, 1a.2a)

Nos vies sont teintées d’ombres et de lumières. Mais les enfants nous rappellent que nous sommes fils et filles, nous aussi. Ils nous rappellent notre filiation. Nous aussi sommes fils et filles de Celui que le Christ notre frère a appelé « Père ».

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