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Janani Luwum et ses compagnons

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Janani Luwum naquit en 1922 à Acholi, en Ouganda. Enfant de la première génération de chrétiens ougandais, convertis par les missionnaires anglais, comme tous ses frères. Adolescent il avait gardé les brebis et les chèvres qui appartenaient à sa famille de paysans.

Le jeune Janani, toutefois, manifesta un tel désir d’apprendre que la possibilité lui fut offerte d’étudier et de devenir enseignant. À vingt-six ans, lui aussi devint chrétien, et en 1956 il fut ordonné prêtre de l’Église anglicane du lieu. Élu évêque de l’Ouganda du Nord en 1969, il fut nommé archevêque de l’Ouganda cinq ans plus tard, quand déjà le régime dictatorial du général Idi Amin Dada faisait fureur. Luwum commença à s’exposer en public, contestant la brutalité de la dictature et se faisant l’écho du mécontentement des chrétiens ougandais et d’importantes couches de la population.

En 1977, face à la multiplication des massacres de l’État, l’opposition des évêques se fit manifeste et vibrante. Le 17 février, quelques jours après qu’Idi Amin Dada eut reçu une lettre sévère de protestation signée par tous les évêques anglicans, le régime fit savoir que Luwum avait trouvé la mort dans un accident d’auto en compagnie de deux ministres du gouvernement ougandais.

À son épouse qui insistait pour qu’il ne s’opposât pas au dictateur, Luwum avait dit, quelques heures avant sa mort : « Je suis l’archevêque, je ne peux pas fuir. Puisse-je voir en tout ce qui m’arrive la main du Seigneur. »

Un médecin, qui avait vu les corps des trois victimes pendant le changement de la garde, confirma que tous les trois avaient été assassinés. Par la suite quelques détails ont été donnés sur les dernières heures de l’archevêque. Il avait été pris par le centre de recherche de l’État, dépouillé et poussé dans une grande cellule pleine de prisonniers condamnés à mort. Ces derniers le reconnurent et l’un d’eux lui demanda de le bénir. Puis les soldats lui rendirent ses vêtements et son crucifix. Il retourna ensuite dans la cellule, pria avec les prisonniers et les bénit. Une grande paix et un grand calme descendirent sur eux tous, selon le témoignage d’un survivant. On dit aussi qu’ils cherchèrent à lui faire signer une confession. D’autres ont témoigné qu’il priait à haute voix pour ses gardes-chiourme quand il fut massacré.

D’après le récit d’un témoin.

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