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Dépasser les limites !

Imprimer Par Élaine Champagne

Je réfléchissais ces jours-ci aux récits de plusieurs amis, parents, au sujet du défi de garder certaines limites avec leurs enfants. Le petit Édouard de 4 ans demande toujours une histoire de plus avant de dormir. Bertrand, 15 ans essaie toujours d’en passer une petite vite à ses parents… Sur le seuil de la porte, il leur lance : « Je rentrerai à 1h demain matin… » Les parents tiennent bons dans leurs exigences et finissent par convenir avec lui d’une heure plus raisonnable pour son âge. Quant à Luce, 12 ans, elle ne voulait rien entendre cet hiver et se refusait à s’habiller assez chaudement pour la saison… Et Isabelle, 7 ans, a tendance à dépasser les limites de la politesse dans son langage. Elle apprend à mieux exprimer ses besoins.

Les limites donnent parfois l’impression de nous brimer, d’entraver notre liberté. Mais elles sont nécessaires pour nous construire comme personnes et pour nous rendre capables de saines relations avec les autres. Que nous soyons jeunes ou moins jeunes, il y a des limites qui nous libèrent de nos esclavages face à nous-mêmes. A la lumière de l’exégète André Wénin (Pas seulement de pain…, Paris, Cerf, 1998), c’est ainsi que je comprends mieux le texte de la Genèse. Dieu, après avoir créé l’Adam, lui donne une limite qui permet de garder ouvert l’espace de relations. La limite appelle la confiance. Elle préserve aussi de l’envahissement de l’autre – de dévorer l’autre ou d’être dévoré par lui. Il y a des limites à ne pas dépasser.

Je méditais donc cette question lorsque je suis « tombée » sur un article Internet étonnant. Un événement qui révèle tout un autre angle à la question. Une situation qui « dépasse » les limites de mille manières. Un petit garçon britannique de 7 ans, a été impressionné par ce qu’il a vu à la télévision de la catastrophe en Haïti. Il a décidé de ramasser des fonds « pour acheter de la nourriture, de l’eau et des tentes pour les gens d’Haïti ». Il a donc annoncé qu’il ferait à vélo le tour d’un parc de Londres, autant de fois qu’il lui serait possible. Il faisait une levée de fonds avec comme objectif: £500.

Ce faisant, il désirait contribuer à “libérer” en Haïti, ceux et celles que le malheur a entravé. Il le ferait selon ses propres moyens d’enfants : avec son vélo. Mais dans son geste, il annonçait un dépassement : il ferait le plus de tours possibles. En réponse au malheur d’autres personnes, il comptait se dépasser physiquement, selon ses capacités. Son geste a dépassé les limites de sa personne, en ce qu’il a impliqué sa famille et leurs amis. Ses parents l’ont soutenu, accompagné. Ses proches l’ont encouragé. D’autres limites ont également été dépassées : Charlie a roulé plusieurs kilomètres, tel que promis! Et grâce à Internet et aux médias, il a amassé à ce jour près de £150 000 par l’intermédiaire de l’Unicef.

Comme personnes humaines, nous avons besoins de limites. Cela contribue à nous construire comme personnes. Les limites sont là pour nous inviter à dépasser nos enfermements. Et dans ce sens, Charlie nous le rappelle : dépasser nos enfermements, et participer à ce que d’autres puissent dépasser les leurs, c’est aussi témoigner de ce que c’est que d’être « humains », dans toute sa grandeur.

http://www.justgiving.com/CharlieSimpson-HAITI

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