Dieu en famille,

Responsable de la chronique :
Dieu en famille

Parents endeuillés

Imprimer Par Élaine Champagne

Il y a quelques jours, une amie a subitement perdu son fils, trouvé mort. La nouvelle est tombée sur nous comme un coup de poignard, comme une enclume. Nous étions sans voix, secoués et battus par la nouvelle, étouffés, oppressés par l’incroyable, effondrés par la peine. Aujourd’hui, nous voudrions, nous qui partageons sa peine, que notre présence, notre affection soient comme un baume apaisant sur la plaie béante; qu’elles soient comme une fraîcheur qui apaise.

Il y a quelques mois, une autre amie faisait une fausse couche, voyant disparaître, dans la douleur et le déchirement, cette petite vie qui s’annonçait; voyant s’arracher comme une partie d’elle-même, déjà donnée pour cet enfant; voyant comme s’envoler avec elle, rêves et projets d’amour. Aujourd’hui, nous voudrions, nous qui partageons jusqu’au fond des entrailles son désir que le don ne soit pas perte et que la vie vive, que notre main tendue soit douceur, que nos bras soient accueil et chaleur.

Aujourd’hui, des parents de tous âges pleurent un fils, une fille dont ils ne verront plus le visage. Ils ne peuvent plus, les yeux dans les yeux, découvrir avec émerveillement et fierté cet être de mystère qu’il leur a été donné d’offrir au monde et d’accompagner pour un bout de vie trop court. Leur enfant est disparu de leur regard. Aujourd’hui, nous voudrions, nous qui oublions si facilement de voir la beauté intérieure des gens que nous côtoyons, leur dire que nous entendons leurs larmes. Nous voudrions leur dire combien ce qui les porte et les soutient pour poursuivre la route nous inspire. Nous voudrions nous faire vrais et humbles, authentiques et proches, respectueux de leur propre mystère, attentifs et aimants.

C’est du plus profond de la nuit que nous devinons l’aube qui cherche à émerger. C’est du plus profond de nous-mêmes, dans le silence, qu’un souffle d’au-delà de nous-mêmes nous appelle vers le jour, pour que la vie vive. « Des profondeurs, je crie vers toi… » Et c’est du plus profond de ce mystère que ce dévoile, comme l’impensable, l’inouï : une espérance est encore possible. La mort n’aura pas le dernier mot. Et le Seigneur «essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé. » (Ap 21, 4)

En ce mois de novembre tout spécialement, hommage à tous les enfants que nous ne verrons pas vieillir. Hommage aussi à leurs parents, à leur famille, et à tous ceux et celles, même au cœur de la nuit, qui sont portés sans cesse par le désir d’espérer, de croire, d’aimer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dieu en famille

Les autres chroniques du mois