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Moisson d’hiver

Imprimer Par Jacques Marcotte

Janvier était un mois dur et difficile. Avec sa neige et son froid et ses tempêtes, bien sûr. Mais il y avait aussi cet essoufflement et cette fatigue que l’on ressent en janvier, et qui viennent du manque de soleil, du cantonnement obligé, de l’isolement peut-être, de l’ennui. Mais maintenant février plus court vient rallonger nos jours et leur lumière et leur bienfaisante annonce d’un printemps libérateur.

En paroisse, le travail d’un pasteur est souvent ardu. Il lui faut travailler en équipe avec souvent les mêmes gens, animer une communauté chrétienne vieillissante. Le défi : dépasser la routine et les seules manœuvres d’entretien. Comment contrer le lourd sentiment que les gens sont las et fatigués ? Comment échapper soi-même à ce qui semble un décrochage généralisé ?

Pourtant, à bien des signes, je perçois l’âme nouvellement sensible de plusieurs. Devant le deuil, devant la naissance, devant la souffrance, au cœur d’une grande joie, dans l’élan d’un grand amour, je découvre de surprenantes échappée de lumière, de profondes quêtes de sens, une soif de bonheur, une volonté authentique de justice, de paix et de miséricorde.

Mon défi est alors de savoir reconnaître et discerner ce qui est en train de s’accomplir. Savoir m’émerveiller de tant de beauté intérieure diffuse sur les visages et en mille gestes d’amour, de tendresse, de délicate gentillesse.

Je trouve là de quoi oublier ma lassitude et comprendre mieux que l’Évangile ne va pas toujours selon le train de mes plans et de mes attentes personnelles. Son avancée se profile et se dessine à même la fidélité des gens d’ici et leurs relèvements. Je vois que Dieu me fait signe par tous ces gens qui donnent généreusement d’eux-mêmes et qui cherchent une vie meilleure pour tous.

Vive donc encore l’hiver qui me permet de mieux voir le dedans de l’âme des gens qui m’entourent ! Il m’arrive alors de distinguer en contraste sur le froid vent du nord la chaude brise de Pâques. Elle vient des cœurs brûlants d’amour. De gens en travail de transformation. La passion du Christ les a marqués pour la résurrection, impatiente de les rejoindre tous.

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