Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

3e Dimanche de l’Avent. Année B.

Imprimer Par Daniel Cadrin

Témoin d’une lumière

Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Et voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. » Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Non. — Alors es-tu le grand Prophète ? » Il répondit : « Ce n’est pas moi. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : «Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe.» Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n’es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »
Tout cela s’est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l’endroit où Jean baptisait.

Commentaire :

Au début de l’Évangile selon Jean, nous sommes introduits à Jésus par un témoin : Jean le Baptiste. C’est lui qui va nous présenter l’Agneau de Dieu. Être témoin, c’est encore aujourd’hui le rôle des hommes et des femmes, des, communautés et des groupes qui font l’Église actuelle. Quels sont alors les traits du véritable témoin ? Et de quoi témoigne-t-il ?

L’Évangile nous dit que le témoin est un « envoyé par Dieu ». En cela, il s’oppose à d’autres « envoyés » : des prêtres et lévites (v.19), des Pharisiens (v. 24), envoyés de Jérusalem. Le témoin ne vient pas de lui-même ni ne parle en son nom ; il est envoyé par quelqu’un qui l’a appelé. Sa mission lui vient d’un Autre : il est un messager, un agent de liaison qui doit s’effacer lorsque le contact est fait.

Le témoin est un intermédiaire, une « voix » qui invite à croire, à reconnaître en Jésus le Christ espéré. Il n’amène pas à croire en lui-même, il n’impose pas un nouveau système. II indique du doigt quelqu’un ; aux auditeurs de le suivre ou de le refuser. Et le refus est possible : les Pharisiens et le « monde » ne le reconnaissent pas (v. 10.26).

Le témoin ne se prend pas pour un autre : ce n’est pas lui le Messie. Il ne vise pas à se maintenir dans un rôle central. Une fois la démarche amorcée, il s’efface : ce n’est pas lui que ses disciples doivent suivre mais l’Agneau de Dieu.

Il ne témoigne pas de n’importe quoi mais d’une lumière qui a visage humain : Jésus. Ainsi il n’annonce pas des ténèbres qui font peur, des fardeaux qui écrasent, mais une lumière qui éclaire l’existence personnelle et collective et qui donne cohésion et espérance.

Cette lumière, le témoin en montre la présence non dans des cieux inaccessibles mais tout près, car le Verbe s’est fait chair : « au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ». Cette présence n’est pas évidente mais se laisse chercher à la condition d’ouvrir ses yeux et de la reconnaître. Le rôle du témoin est de donner et d’indiquer des signes de cette présence, au milieu de nous.

Pour croire en Jésus, le rôle des témoins est essentiel. À la fête de Noël, où nous fêterons la venue de cette lumière dans nos vies, il sera bon de nous rappeler ces témoins qui, dans nos propres vies de foi, nous ont introduit à Jésus. Figures anciennes ou actuelles, aînés et jeunes, dans nos familles, nos milieux, notre Église, qui nous ont donné le goût de marcher à la suite du Christ.

À notre tour, nous sommes appelés au même témoignage : au milieu du monde, de ses confusions et de sa course aux messies puissants, nous témoignons d’une lumière singulière, cachée mais saisissable. Elle se fait proche par des paroles et des signes qui libèrent de l’obscurité, qui suscitent et ressuscitent notre espérance.

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