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Dieu en famille

Des symboles pour vivre

Imprimer Par Élaine Champagne

Quand frappe un deuil dans la famille, chacun est bouleversé. Chacun expérimente son deuil différemment, selon son âge et son expérience de vie, selon aussi sa relation avec la personne disparue. Même les tout petits enfants vivent le deuil à leur manière. Leur sensibilité et leur intuition leur font percevoir la séparation et la douleur des proches, même si des adultes préféreraient parfois leur épargner.

Il y a quelques années paraissait le film « Ponette » (1996) réalisé par Jacques Doillon. Le film raconte l’expérience d’une petite fille de 4 ans qui perd sa mère dans un accident de voiture. Le film met en relief les tensions vécues par Ponette entre son expérience concrète et son imaginaire. Elle attend littéralement jour et nuit que sa mère revienne lui parler. À d’autres moments, elle raconte que sa maman « habite dans le ciel, avec des châteaux de toutes les couleurs. Et notre château, celui de maman, il est rouge avec des toits en or. » Sa maman va-t-elle venir la voir « pour de vrai »?

Il n’y a pas d’âge pour vivre un deuil. Pour les petits comme pour les grands, l’attente, le vide, la douleur sont bien concrets. Dans un temps de deuil, les images, les souvenirs font ressurgir nos sentiments les plus vrais. Les symboles peuvent alors nous aider à faire des ponts entre l’immédiateté de ce que perçoivent nos sens et le « sens » pour notre vie que nous dévoile la personne disparue. Les symboles aident à dépasser, à transcender l’enfermement de la douleur. Non pas fuite du réel, mais manière de l’intégrer plus pleinement dans nos vies. Comme s’ils nous aidaient à nous retrouver, à reprendre parole, à reconfigurer notre existence. Les symboles nous aident à nommer ensemble les richesses que nous ont légué ceux et celles qui nous ont précédés et à continuer à écrire l’histoire de nos vies. Les enfants sensibles au jeu et à l’imaginaire sont capables de pressentir la vérité des symboles.

Les prières chrétiennes sont riches de ces symboles. Toute notre tradition est porteuse de symboles d’espérance : elle affirme haut et fort que la mort n’a pas le dernier mot. À tout âge, il est bon de l’entendre. Mais plus encore, nous pouvons nous rappeler que c’est Dieu qui nous soutient, qui en Christ vient vivre avec nous nos traversées, qui en l’Esprit souffle en nous sa vie. Dieu « essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus », lit-on dans le livre de l’Apocalypse (21, 4). Viens Seigneur, consoler nos peines!

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