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Responsable de la chronique : Marius Dion, o.p.
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Déraciné

Imprimer Par Paul-Henri Girard

Déraciné, mais replanté ailleurs! Et cette nouvelle terre fait que mes racines et tout mon être humain continuent à vivre, mais différemment. Le pays d’adoption fait d’un être humain – du missionnaire – un déraciné, c’est inévitable. Une situation qu’on ne peut jamais oublier!

Mais le côté positif est loin d’être négligeable. Je crois que le déraciné apporte à son nouveau milieu une nuance appréciable. Il est un peu comme le lys perdu dans un champ de chrysanthèmes. Tendu mais souriant, par sa différence et par cette sensation d’apporter à son entourage ce qu’il n’a pas: sa culture, sa vision des choses, son indépendance, sa capacité de recevoir et de donner, sa joie d’être accueilli, à condition de vouloir demeurer un lys et ne pas regretter de ne pas être chrysanthème.

Vouloir devenir chrysanthème, à mon sens, serait détruire les avantages du déracinement. Ce serait donner chance à la nostalgie de s’implanter, comme une mauvaise herbe, qui fait languir la joie que peut procurer l’ailleurs, l’épanouissement de nouvelles énergies. Même déraciné, je reçois la vie, le mouvement et l’être du sol qui m’accueille et me nourrit. Celui qui accueille à son tour reçoit du déraciné le sourire du merci et le nœud des amitiés. C’est ainsi que je pense ma vie missionnaire.

Après plus de 50 ans passés au Japon, je ne suis plus canadien, je veux dire que la mentalité canadienne actuelle m’échappe. Je ne suis pas japonais et n’ai pas ce désir de le devenir. Il y a entre eux et moi un échange qui apporte une richesse à partager.

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