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Quand la mort fait peur…

Imprimer Par Élaine Champagne

Peut-être êtes-vous de ceux et celles qui allez passer l’Halloween dans les rues du quartier avec vos enfants! Pour l’occasion, les maisons de mon quartier sont « décorées » de toiles d’araignées, d’épouvantails, de citrouilles, de fantômes suspendus aux arbres. L’un a placé un chat noir (en peluche) dans sa fenêtre. Un autre a même installé une pierre tombale en plastique sur sa pelouse, avec une main qui cherche à en sortir. Tout cela sans parler des commerçants qui bien sûr savent mousser la fête à leur manière. Qui ne sait pas que dans la programmation mercantile, l’Halloween, c’est le début du temps des fêtes qui se terminera évidemment à Noël!

Le fait est, comme le faisait remarquer un sociologue québécois, que chez nous, même si on s’amuse de la mort, elle occupe peu de place, non seulement dans la fête, mais dans le paysage intérieur de nos vies, dans ce à quoi nous pensons, au quotidien. D’une certaine manière, c’est peut-être bien ainsi. D’autant que pour parler de la mort aux enfants, je choisirais certainement d’autres représentations que celles sanguinolentes de l’épouvante! Et puis la mort a quelque chose qui nous ramène brutalement à des réalités dont nous voudrions protéger nos enfants: de la peine de certains deuils qui nous sont encore sensibles, à la consternation de savoir que le taux de suicide chez les jeunes compte chez nous parmi les plus élevés au monde, sans compter notre propre questionnement face à ce qui nous arrivera à tous, un jour…

Une maman me confiait qu’elle était très mal-à-l’aise quand ses jeunes enfants lui posaient des questions sur la mort. Elle voudrait bien leur répondre en vérité, avec simplicité, l’espérance de Résurrection que lui offre sa foi au sujet de la mort. En même temps, elle ressent bien que la question la laisse inquiète.

Il arrive que la mort nous fasse peur, mais pas tout à fait comme ces décors de fête. Nous avons parfois peur de parler de la mort, comme si l’évoquer pouvait l’appeler sur nous – ou réveiller nos inquiétudes face à l’inconnu ultime sur lequel nous n’aurons aucun contrôle. Nous avons peur de réveiller des désespoirs et de donner le goût de la mort à ceux qui souffrent déjà. Pourtant, apprivoiser une parole vraie, développer une attitude d’écoute entre membres de notre famille au sujet de la mort peut être bienfaisant. Peut-être ainsi, pourrons-nous découvrir un peu plus ce que peut signifier la Résurrection dans nos vies.

Dans la foi au Christ, nous pouvons nous rappeler, avec nos enfants, que ceux que nous aimons toujours et qui ne sont plus avec nous physiquement, sont appelés à la vie par Dieu, qu’ils sont allés rejoindre la grande famille des amis de Dieu. Nous pouvons aussi demander leur soutien à ces êtres chers qui sont morts, qu’ils « intercèdent auprès de Dieu » pour que nous trouvions la paix, malgré la peine de leur perte; pour que nous trouvions le pardon, quand des traces d’amertume ternissent leur souvenir; pour que nous trouvions le réconfort quand nous ressentons trop vivement l’absence, le vide qu’ils laissent dans notre quotidien; pour qu’ils nous accompagnent, avec Marie, quand viendra notre heure.

Bien que la mort soit très « personnelle », très individuelle, j’aime à me rappeler que ce sont tous ses enfants que Dieu, par le Christ et en l’Esprit, veut réveiller à la Vie Éternelle. Nous serons multitudes, mais non pas anonymes… C’est déjà ce que nous invoquons, lorsque nous nous rappelons tous les saints de l’histoire, ces hommes et ces femmes qui ont été témoins dans le monde du Dieu de Vie, et qui, nous le croyons, nous sont présents.

C’est le mois du souvenir. C’est le mois des « morts ». Dans la foi, mystérieusement, c’est pour nous le mois des Vivants en Dieu. Nous nous rappelons, avec le souvenir de leur vie passée, au-delà du vide de leur absence, l’avenir des retrouvailles espérées, l’avenir de la Vie d’Éternité partagée en Dieu.

Elaine Champagne, l.o.p.

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