Dieu en famille,

Responsable de la chronique :
Dieu en famille

« Je ne crois pas en Dieu! »

Imprimer Par Élaine Champagne

Une théologienne catholique américaine (J. H. Rubio) témoignait il y a quelque temps de la perplexité dans laquelle son enfant de 7 ans l’avait laissée alors qu’il lui avait dit avec une sincérité déconcertante qu’il ne croyait pas en Dieu. L’événement la provoque, l’invite à poursuivre sa réflexion au sujet de sa vision de la famille chrétienne, de son rôle, de ses limites.

Tout comme vous peut-être, qui lisez cet article, elle avait depuis plusieurs années cherché à approfondir ce que signifiait mieux vivre sa foi chrétienne en famille. Comme vous, parents ou grands-parents, elle était soucieuse de transmettre aux plus jeunes de sa famille des valeurs qu’elle considérait essentielles à l’épanouissement de leur vie. Elle portait cette question comme une responsabilité qui lui tenait à cœur. Elle avait cherché à partager, à témoigner de ce qui la faisait vivre et qu’elle portait intérieurement comme sacré. En même temps, tout comme vous, elle savait que la foi ne peut s’imposer.

Bien sûr, la remarque de l’enfant peut être comprise de plusieurs manières : de la rebuffade à la provocation, ou encore de l’affirmation décisive à l’expression d’une quête. Était-ce une demande, une bouderie, une conclusion mûrie? Chose certaine, elle ne pouvait laisser la théologienne – ou la mère – indifférente. Mais ce qu’elle en a retenu, c’est le besoin d’une prise en compte de cette « différence » profonde entre les membres d’une même famille.

Dans un article qu’elle publie dans la revue Lumen Vitae (62/1), elle questionne :

« On ne considère que rarement la possibilité que des membres d’une famille puissent avoir des idées différentes entre eux au sujet de la foi et de la manière dont elle devrait être pratiquée. Que se passe-t-il si les enfants ne croient pas en Dieu? Si les parents sont troublés par des doutes sur la divinité du Christ ou sur la sainteté de l’Église? Ou si un enfant ou un époux refuse la prière commune, les rites, une vie de simplicité, la charité ou les œuvres de bienfaisance? Que faut-il faire si les époux ne sont pas d’accord sur les sortes de pratiques qu’ils devraient adopter? » (p. 11)

Plusieurs parents insistent sur l’importance qu’ils accordent au respect de l’autre : une valeur qu’ils cherchent à incarner. La difficulté vient du fait qu’au quotidien, le respect ne peut équivaloir à un évitement constant des questions sur lesquelles nous risquons de nous situer différemment. Et la confrontation n’offre pas plus de solutions.

Reste le dialogue. Le respect, la confiance réciproque, l’ouverture, et l’authenticité dans la quête de la vérité offrent des bases nécessaires au dialogue. Que veut dire l’autre au juste? Quelle est son expérience? Sa quête intérieure? Quelle est la mienne? Qu’y a-t-il d’essentiel pour l’autre? Pour moi? Quelle influence tout cela peut-il avoir sur ma propre vision du monde? Dans ma foi? Le dialogue nous fait bouger, avancer mutuellement.

Nous sommes tous en route. Parfois bousculés par les enfants. Parfois secoués par les êtres qui nous sont le plus proches, dans le quotidien de nos familles. Mais solidaires les uns des autres, d’une manière qui dépasse aussi la maisonnée, ouverte à d’autres chrétiens, d’autres croyants, nous cheminons. Et nous ne sommes pas seuls…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dieu en famille

Les autres chroniques du mois