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Etre mère de famille : une aventure spirituelle?

Imprimer Par Thérèse Peretti

Ce mois-ci, Thérère, enseignante, mère de 4 enfants de onze, huit, sept et un an, nous partage son expérience spirituelle. Elle reconnaît dans la trame de son quotidien ces petites “Pâques” de l’action de Dieu caché au coeur de nos vies.

Si dans un moment de lassitude je compare le temps que j’ai passé ces derniers jours à prier et celui que j’ai passé à remplir et à vider des machines, le calcul est vite fait : les tâches matérielles emplissent mon quotidien alors que je ne consacre que très peu de temps à ce qui est pour moi essentiel : le dialogue avec Dieu. Dois-je rester à envier les contemplatifs? Ou ai-je moi aussi une vie spirituelle à part entière?

Où trouver le temps?

Il y a d’abord une réalité qui s’impose à moi : je n’ai pas de moments dans la journée où je peux m’isoler et j’arrive le soir trop fatiguée pour pouvoir prier longtemps. Dans cet emploi du temps chargé, il me reste à trouver de petits moments pour une prière ou pour lire un texte qui me nourrisse, un temps pour faire une relecture de ce que j’ai vécu. J’essaie d’en faire une priorité le jour où je suis à la maison sans les enfants. Je trouve une grande aide aussi dans mes rencontres régulières avec une accompagnatrice spirituelle : elle m’aide à prendre un peu de recul et à voir ce que je vis avec Dieu quand j’ai l’impression de « pédaler le nez dans le guidon.»

Et si je voyais les choses autrement?

Je suis ainsi invitée à vivre quelque chose de divin dans les actes les plus ordinaires de la vie. Je crois que c’est Simone Weill qui comparait deux femmes : l’une tricote de petits chaussons pour son enfant qui va naître et l’autre fait la même chose dans une prison car c’est un travail qu’on lui a imposé. L’acte est le même et pourtant ce n’est pas du tout la même chose qui est vécue! Dans une vie de mère de famille, il y a beaucoup d’actes répétitifs, fatigants voire énervants : « C’est la quatrième fois aujourd’hui que je ramasse des bandes dessinées sur le canapé! » Et pourtant je peux essayer de faire de ces actes un signe d’amour.

Et si j’étais là ?

Je peux aussi prendre Jésus comme exemple pour la qualité de sa présence. Quand il a rencontré la Samaritaine, il aurait pu se contenter de boire son verre d’eau et de repartir… et pourtant a eu lieu à ce moment-là une vraie rencontre qui a bouleversé la vie de la Samaritaine. Quand mes enfants me racontent leur journée à l’école, quand je surveille le plus petit qui est en train de vider méthodiquement les placards de la cuisine, je demande à Dieu d’être vraiment là pour qu’une véritable rencontre soit possible.

Et si je me laissais faire ?

Enfin, le fait d’être mère me confronte à ma fragilité, je la ressens avec acuité quand je viens d’accoucher et que je regarde le tout petit qui m’est confié. Mais toute l’éducation de mes enfants me renvoie aussi au fait que je n’en maîtrise rien : je peux me glorifier d’avoir des enfants bien éduqués et épanouis mais les difficultés rencontrées avec l’un ou l’autre me ramèneront vite à la réalité. Je ne peux être une experte en éducation qui aura l’assurance de toujours mener mes enfants dans la bonne direction. Alors il me faut demander humblement à l’Esprit Saint d’agir à travers moi pour le bien de ma famille et je dois travailler à me rendre de plus en plus disponible à son action. Pour devenir mère de famille, je dois le laisser me transformer de l’intérieur.

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