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Nous sommes sa présence

Imprimer Par Denis Gagnon

Jésus est vraiment parti. Saint Luc, dans le récit des Actes des apôtres est très clair: «Ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée». Il nous faut donc faire le deuil de la présence physique de Jésus de Nazareth, même s’il est ressuscité d’entre les morts. Ne nous imaginons pas que nous puissions le croiser sur la rue. Quand nous parlons de sa présence lors de nos rassemblements liturgiques, ne pensons pas qu’il a pris place dans un banc de l’église ou qu’il se tient dans le portique, invisible comme tout bon fantôme.

Le Christ est avec nous «tous les jours jusqu’à la fin du monde» parce que, nous, nous sommes là. La présence du Christ sur la terre après son ascension dans le ciel, c’est notre présence. Saint Paul dit que Dieu «a fait de lui la tête de l’église qui est son corps, et l’ةglise est l’accomplissement total du Christ».

Comme communauté de baptisés et porteurs de l’évangile, nous sommes la présence du Christ au milieu du monde. Et toute l’humanité est appelée à devenir cette présence du Christ dans l’univers.

Aussi pouvons-nous reconnaître le Seigneur dans les personnes que nous rencontrons. N’est-ce pas sa passion qui se continue dans les malades et les pauvres. Dans le Québec de l’abondance, beaucoup de familles vivent dans une pauvreté inacceptable. Dans ces familles, le Christ continue de souffrir sa passion. Les attentats sont quotidiens en Iraq. C’est encore le Christ qui continue sa passion. Au Darfour, des foules de déportés croupissent dans des camps de fortune. Là aussi le Christ vit sa passion. Les malades… les gens qui traversent des conflits… les couples qui connaissent un amour difficile… les oubliés… les malchanceux… toutes les misères humaines reprennent, chacune à sa façon, le cri du Christ sur la croix: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?».

À côté de ces pauvres et de ces malheureux, on rencontre des hommes et des femmes touchés par la détresse des autres. Dans ces circonstances, ne sommes-nous pas en présence du Christ en train de ressusciter? Une femme au chevet de son enfant malade n’est-elle pas présence du Christ auprès de son petit? Un homme qui participe au règlement d’un conflit n’évoque-t-il pas, par son témoignage, le Christ dont la résurrection est source de paix? Et ces groupes de toute sorte qui luttent pour plus de justice, pour plus de dignité ne traduisent-ils pas à leur façon la Pâque du Christ?

Jésus confiait à ses apôtres la mission d’enseigner aux nouveaux baptisés à garder les commandements qu’il leur avait donnés. Ces commandements de Jésus, avec en tête le grand commandement de l’amour, ne nous demandent rien d’autres que de construire une terre à l’image du Royaume où Jésus est entré auprès de son Père.

Le ressuscité d’entre les morts, établi au-dessus de tout, nous appelle à son Royaume. Nous répondons à son invitation en construisant déjà ce Royaume avec lui. Rendre la terre plus habitable, c’est bâtir le ciel. «Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel?», a-t-on dit aux apôtres quand Jésus est disparu à leurs yeux. C’est la terre qu’il faut prendre en charge. Si nous jetons un coup d’oeil vers le ciel, c’est surtout pour mieux deviner ce qu’il faut faire sur la terre et pour nous mettre à l’oeuvre. Ne négligeons pas le Christ de la terre: il souffre et ressuscite tous les jours jusqu’à la fin du monde. Prenons-le en charge. Entourons-le de la chaleur que nous transmet l’évangile.

Depuis l’Ascension, il nous revient «à nous et à tous les baptisés» d’assurer la présence du Christ au milieu du monde.

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