Dieu en famille,

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Dieu en famille

Famille pascale

Imprimer Par Céline de Grandpré et Benoît Desroches

L’Évangile-réalité, voilà! , de dire mon épouse. Expression « tendance », certes, et révélatrice de ce quotidien banal qu’on nous met en vedette à la télé de nos jours. Et pourquoi pas? Ramassez une feuille d’arbre et regardez-la. Prenez le temps…pour vrai! Admirez ses formes, ses nervures, sentez sa texture, appréciez ses couleurs. À la fois banal et génial, n’est-ce pas? Qui n’a pas eu l’expérience d’entrer dans une pièce et d’y sentir un parfum, celui du magnolia, par exemple, et de ne plus le remarquer au bout d’une trentaine de minutes. C’est notre regard qui banalise, notre corps qui se désensibilise. Cela fait partie de l’expérience humaine. Et c’est dans le quotidien de sa famille d’origine que le petit d’homme formera son sens à la vie. Le quotidien et ce qui s’y vit renforce ce sens. Alors, le quotidien : toujours aussi banal?

« Bouillon de culture » chrétienne, « laboratoire de foi appliquée », « immersion évangélique »! La famille est autant d’occasions d’être interpellé par l’Autre. C’est, pour ainsi dire, l’Humanité qui s’y vit. Un microcosme où parents et enfants apprennent les uns des autres et où Dieu a semé. À nous de cultiver! Serons-nous ce terrain plein de ronces, cet endroit rocailleux ou serons-nous cette bonne terre où, montant et se développant, les grains donnent du bon fruit?

Cultivons le goût du Seigneur avec nos enfants. Lisons-leur des histoires, celles de Jésus et des saints. Nourrissons l’esprit. Rythmons le temps comme le fait le cultivateur : l’Esprit a ses saisons, tout comme la journée, ses temps forts. Noël, le Carême, Pâques, l’Ascension, l’Action de Grâce, font partie des « Saisons du Christ », de ce legs dont on peut faire don à nos enfants. C’est du conditionnement spirituel et l’être humain est, entre autre, un être éminemment « conditionnable ». Alors, autant l’abreuver au sens que l’on croit pouvoir être le plus pleinement nourrissant.

Et c’est aux parents que cela revient, ce rôle de mettre une structure la plus épanouissante possible. Installons un temps de recueillement, de prière, le matin, aux repas, et le soir, par exemple. Ce seront les « saisons du quotidien » d’un jeune chrétien en devenir. Savoir maintenir les traditions chrétiennes, respecter nos racines, tout en les redécouvrant, en les adaptant et en les réinventant. Puis, enfin, apporter le fruit de notre contemplation au prochain! Toute dominicaine, cette mentalité ne peut s’épanouir pleinement, à mon avis, qu’à travers une famille de Familles unies dans le Christ. Certes, « l’habitus chrétien » prend naissance dans la famille, mais les racines, en grandissant, auront besoin d’un plus grand pot, celui d’une fraternité, par exemple. S’y vivront alors des solidarités qui marqueront jeunes et moins jeunes pour la Vie.

Voilà le laboratoire qui s’agrandit. Cela donnera-t-il le goût de partager le Christ avec « le monde », avec la Famille de Dieu et avec le prochain, de quelque horizon qu’il fût? Il est fort à parier que la vision chrétienne, ainsi léguée, fera de nos enfants d’intéressants « co-créateurs », des porteurs d’un sens qui sait transfigurer la mort, la souffrance, les contingences humaines. Ainsi, peut-on espérer que l’on dise de nos enfants, en voyant leurs fruits, qu’il s’agit bien du même sang du Christ qui coule dans leurs veines, autant que dans celui de leurs parents. Dieu en Famille est Pascal. La Famille, ce « Passage » obligé, transfigure tous ses membres. Et puissions-nous contribuer à ce que s’agrandisse toujours plus la Famille de Dieu!

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