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Dieu en famille

Le mystère des nouveau-nés

Imprimer Par Sophie Tremblay

L’attente d’un enfant est un temps plein de mystères pour les futurs parents et pour leurs proches. Même si l’on connaît théoriquement le développement du fœtus grâce aux sciences médicales et qu’on peut l’observer grâce à l’échographie, le mystère demeure. Quel sera le visage de ce petit être humain tout neuf, sa personnalité, son tempérament? À qui ressemblera-t-il? Quelle ligne de vie sera la sienne? Pendant les semaines où s’accomplit la gestation, la mère sent son enfant bouger en elle. Le père et les proches peuvent parler au fœtus et poser la main là où l’enfant s’agite. Mais à travers ces sensations bien particulières, le contact demeure diffus et voilé.

L’hiver dernier, pendant ma grossesse, j’essayais de communiquer avec le bébé qui grandissait, bien caché dans mon ventre. Toutefois, mis à part les consignes d’hygiène de vie que je respectais, sachant leurs conséquences possibles sur son développement, je réalisais souvent à quel point tout se passait à mon insu, sans que ma volonté ou ma conscience y prenne part. Oui, la vie est vraiment un pur cadeau que nous recevons des mains aimantes du Créateur. J’essayais d’imaginer mon fils et notre vie de famille avec lui, mais mon rêve n’arrivait pas à percer le secret mystérieux de son visage et de son âme. Lorsque j’ai enfin vu le visage de mon fils, il ne ressemblait pas du tout à ce que j’avais imaginé.

La rencontre avec l’enfant réel constitue pour les parents un moment chargé d’attentes et d’émotions. On n’ose pas assez dire à quel point l’amour maternel et paternel n’a rien d’automatique. Certains parents sont immédiatement émerveillés et attendris devant leur bébé, tandis que d’autres vivent de la déception, de l’inquiétude et éprouvent des difficultés à s’attacher à leur enfant. Quoi qu’il en soit, l’enfant réel diffère vraiment de l’enfant rêvé. Il réagit en fonction de ce qu’il est, et non en réponse aux désirs et aux projections de ses parents. Il est également fragile, limité et complètement dépendant.

Néanmoins, aujourd’hui, quand je regarde mon petit garçon de cinq mois, il demeure mystère pour moi, au-delà de l’intimité de la relation qui nous unit. Je connais chaque repli de sa peau. Je découvre chaque jour ses forces et ses limites. Mais il change sans arrêt sous mes yeux et le fond de son être continue de m’échapper. Je crois que seul le Dieu qui le porte dans sa main peut le sonder, comme l’exprime le psaume 138 : «Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais! C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis : étonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait.»

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