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La mort, cette intruse

Imprimer Par Élaine Champagne, l.o.p.

Difficile de parler de la mort. Il est plus facile d’éviter le sujet, de nier la mort ou encore de s’en moquer. Il est plus facile de parler de vampires et de fantômes, il est plus facile de jouer avec la peur que de parler de cette intruse. La mort n’est pas la bienvenue dans nos vies.

Malgré nos résistances, il arrive que la mort frappe à nos portes. Qui de nous ne l’a jamais rencontrée? Un proche nous quitte, un ami, un parent. Parfois, c’est un événement, un accident, qui nous la fait frôler, qui nous fait sentir sa proximité. Alors, comme pour s’en protéger, il est plus facile de la taire. Combien il faut de courage à l’adulte pour affirmer : « J’ai eu peur de mourir ». Qu’en est-il des enfants?

J’ai eu récemment l’occasion et la joie de rencontrer madame Françoise Darcy-Bérubé, cette pionnière du renouveau catéchétique de l’après concile au Québec. Une dame de sagesse qui s’est faite proche des enfants. Elle me racontait : « Je travaillais à l’époque dans le milieu scolaire. J’ai recueilli un grand nombre de témoignages d’enfants au sujet des questions qui les préoccupent. Ils me disaient : « Avec vous, nous pouvons parler. Vous nous écoutez. D’habitude, les grandes personnes n’aiment pas parler de la mort » ».

Bien sûr, les enfants, selon leur âge, ne comprennent pas la mort de la même manière que les adultes. Au fils des ans, leur réaction face à la mort évolue. Les plus petits craignent la séparation d’avec ceux qu’ils aiment. Un peu plus tard, ce qui arrive au corps qui meurt posera question. C’est encore plus tard qu’apparaissent les questions existentielles du sens de la vie, de la mort, et de notre fragilité. La mort ne laisse personne insensible.

Comment est-ce que notre foi parle à notre expérience de la mort? Est-ce qu’elle l’éclaire? Est-ce qu’elle lui est indifférente ou éloignée? La pensée de la mort nous éloigne-t-elle de Dieu? Ou trouvons-nous notre espérance en Dieu? Ou sommes-nous entre les deux, hésitants à marcher? Il me semble qu’il y a là un enjeu majeur pour notre vie spirituelle, individuelle, familiale et ecclésiale.

Des parents me demandent : « Comment parler de la mort aux enfants? » « Celui qui veut transmettre quelque chose aux enfants est lui-même impliqué, confronté à la question de savoir comment il se situe sur le plan religieux. Très vite, les enfants sentent quelle est la position des adultes quand ils leur parlent. Par exemple, si, à la question : Où est Dieu? les enfants reçoivent cette seule réponse, banale et creuse, qu’il est partout, ils remarqueront que cette question n’en est visiblement pas une pour les adultes ou bien qu’ils la rejettent de toutes leurs forces ».

Heureux ceux qui prient leur colère, leur désarroi, leur impuissance, leur refus vers Dieu et en Dieu. Heureux ceux qui dans le brouillard, sans bravade et avec des mots de tous les âges implorent : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi. Tu me guides et me rassures ». (Psaume 23) Heureux ceux qui osent parler en vérité de leur quête, en couple, en famille, en Église.

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