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Dieu en famille

La nuit et l’ajour

Imprimer Par Élaine Champagne, l.o.p.

Souvenez-vous d’un jour difficile, parce que ce jour-là, vous deviez vous occuper de votre enfant.

Parmi tant d’autres, il en est un que je n’oublie pas. Dès le matin, l’abattement, écrit dans une nervosité extrême, des colères fréquentes. Des heures longues passées à tourner une autre page dans un livre noir. Que faire, quand l’histoire n’est pas belle, tout à coup? Quand accompagner un enfant se résume, brusquement, à l’endurer?

Le plus dur, c’est le sentiment de dégoût qui m’envahit. Je suis impatient, hostile. Et je vois que cela n’est pas bon parce que l’enfant qui me fait face – oui, comme un obstacle – me le montre. Il voit ce qui gronde à l’intérieur de moi. Il voit ce que je suis, sous le coup de l’impuissance et de la frustration: diminué, anéanti. Il voit qu’il ne reste en moi de grand que ma misère.

Et la promesse d’une joie éternelle.

Mon fils dort. Ma fille est dans sa chambre. Je me retire dans la mienne, pour échapper à tout, faire silence, demander la paix. Je suis tombé sur le Psaume 56. Triompher de la mort. La lumière des vivants.

Puis j’ai soufflé la bougie, ai roulé le tapis. Je suis sorti. Ma fille est sur la terrasse. Elle joue calmement. Je m’approche. Elle lève la tête, et dit ceci :
– Papa, pourquoi tes yeux ont l’air content?

Il faut prier pour les parents, pour tous les parents, sans relâche.

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