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Le Mystère Pascal raconté aux tout-petits

Imprimer Par Élaine Champagne, l.o.p.

Christ a souffert.
Il est mort.
Il est allé chercher tous ceux qui sont morts
Pour leur donner la Lumière et la Vie,
Pour les sauver,
Pour les emmener avec Lui, auprès de Dieu.

Christ est ressuscité.
Il est vivant, avec Dieu.
C’est Lui le Fils de Dieu.
Il est avec nous tous les jours.

Mystère Pascal : cœur de notre foi. Pas facile de raconter le Mystère Pascal aux tout-petits! Raconter, c’est déjà mettre en lumière certains aspects; raconter, c’est évoquer, suggérer un sens. Raconter le supplice de la croix? Même les premiers chrétiens ont mis un certain temps à le faire, tant le souvenir en était violent, bouleversant. « Nous proclamons, nous un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1Co 1, 23) Comment dire cela aux tout-petits?

Faut-il alors simplement dire que le Christ est mort? La mort pour les petits ne représente pas tout à fait ce qu’elle représente pour nous, adultes. Mais pour eux, elle peut être tout aussi poignante. A l’âge pré-scolaire, la mort est vécue comme séparation. Le tout-petit compte de façon vitale sur la protection, l’affection, le soutien bienveillant de ceux qui l’entourent. Alors que les petits s’initient à la prière, est-ce bien propice de leur raconter la mort du Christ?

Justement, le Mystère Pascal, c’est la mort mais aussi la résurrection du Christ. Cette fois, le défi consiste à parler de la résurrection. Non pas une réanimation, non pas un fantôme qui revient, non pas une réincarnation, non pas… Comment dire la résurrection? Mystère de l’Amour plus fort que la mort. Comment révéler le Mystère, d’une manière qui soit proche de l’expérience des tout-petits?

Heureusement, il n’y a pas que les mots qui parlent. Les tout-petits savent bien cela, eux qui s’expriment aussi avec leurs mains, avec leur corps, eux qui découvrent les signes et les symboles qui les entourent. Les symboles ouvrent un horizon de sens. Ils nous permettent d’entrer dans l’univers qu’ils proposent. Justement, la Tradition nous propose, durant les jours saints et le temps de Pâques, une grande profusion de gestes, de signes et de symboles pour nous faire entrer dans le Mystère. Faut-il raconter le Mystère? Peut-être cela vaut-il la peine de laisser parler les signes et les symboles de ce grand temps liturgique, et d’entrer dans le Mystère?

Encore un mot. Il est possible que les signes et les symboles suscitent des questions chez vos tout-petits. Alors heureux êtes-vous, puisque vous serez plus en mesure d’être attentifs à sa propre expérience! Dans le dialogue, vous pourrez avec votre enfant trouver les mots de votre foi, à la lumière des Évangiles.
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Pour ce faire, une première piste serait de vous inviter à participer aux liturgies familiales de votre secteur avec votre ou vos enfants. Vous pourriez encore vous réserver des moments sacrés en famille. Voici quelques suggestions. N’essayez pas de tout faire! Surtout, il ne s’agit pas de faire faire quoi que ce soit à votre enfant, mais de vivre ensemble ce temps fort de prière! Peut-être que vous aussi serez surpris de découvrir de nouvelles profondeurs au Mystère Pascal!

Dimanche des Rameaux – 4 avril
Décorer d’une manière spéciale le coin de prière pour la semaine sainte, par exemple avec du rouge et du mauve, une Bible, une belle image de Jésus.
Chanter avec les petits en paradant avec des rameaux pour acclamer Jésus, à l’église avec la communauté ou à la maison, autour de la croix ou du coin de prière.

Jeudi Saint – 8 avril
Le jeudi saint, se rappeler le repas que Jésus a célébré avec ses disciples. Pour les juifs, la pâque commémore la libération de l’esclavage en Egypte. Vous pouvez servir un peu d’agneau au repas, avec des Matzos – du pain sans levain que l’on trouve à l’épicerie. Vous pouvez aussi déposer dans chaque assiette un petit bouquet de persil – qui représentent les herbes amères – et dans un petit gobelet, de l’eau salée. Le persil trempé dans l’eau rappelle les pleurs de ceux qui ont de la peine et qui vont être libérés. Dans un autre gobelet, un peu de miel rappelle la douceur promise par Dieu. Reprendre le texte dans votre Bible pour les Enfants. (Ex 12,1-8.11-14) Si votre enfant connaît ce récit, pourquoi ne pas lui laisser raconter lui-même?
Participer à la célébration du repas pascal à la paroisse.

Vendredi Saint – 9 avril
Le vendredi saint, aller vénérer la croix avec votre enfant – l’embrasser ou simplement faire un inclinaison, un salut.
Prier ensemble pour tous ceux qui souffrent dans le monde.
Garder une minute de silence avec votre petit en pensant à Jésus et à tous ceux qui ne sont pas heureux.

Samedi Saint – 10 avril
Vivre le samedi saint comme une journée d’attente. La croix n’est plus visible, mais nous attendons Jésus.
Faire des semences pour le jardin avec votre enfant. « Si le grain ne meurt… » (Jn 12,24)
Faire du pain ensemble – avec du levain! – pour Pâques. (Parabole du levain qu’on ne voit pas mais qui fait lever la pâte : Mt 13, 33)
Participer à une vigile familiale à la paroisse.

Dimanche de Pâques – 11 avril
Participer spécialement aujourd’hui à une célébration familiale à la paroisse.
Si vous habitez à la campagne, aller chercher de l’eau de Pâques avec votre enfant.
Allez voir ensemble le soleil se lever.
Décorer le coin de prière avec des fleurs, un beau tissu blanc, une chandelle et chanter des chants de joie pour le Seigneur!
Écoutez les cloches des églises qui sont revenues!
Profitez de ce beaux jours en famille!

Bonne semaine sainte,
Et Joyeuses Pâques!

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