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Dieu en famille

Un amour éternel

Imprimer Par Élaine Champagne, l.o.p.

Après la journée de travail, le retour à la maison avec les enfants prend souvent des allures de tornades! J’ai vu l’autre jour le petit Bernard (3 ans). Dès que la porte de la maison s’est ouverte, il a tout de suite laissé tomber ses jouets et s’est lancé à toute allure dans les bras de sa maman! Quelle énergie! Dans la famille de Maryse et Élodie (7 et 9 ans), à l’arrivée de papa ou de maman, c’est le récit des événements de la journée qui fuse dans tous les sens, en même temps que les disputes à régler et les permissions à demander! Une manière en feu d’artifice de dire : « Je t’attendais! J’avais hâte de te voir! Je compte sur toi! Je t’aime maman, papa!». Les parents occupent, de façon évidente, une place centrale dans le cœur de leurs enfants. Au-delà les besoins pratiques, c’est aussi, en profondeur, toute la relation qui s’exprime dans ces moments quotidiens. La Saint-Valentin, avec ses cartes, ses bricolages, ses cadeaux sera occasion de reformuler cette formidable affection.

Oui, mais… Un ami disait récemment: « Il n’existe pas de mode d’emploi pour être parent… » Des parents me disent se sentir parfois dépassés, pas toujours à la hauteur. « Je n’ai pas toujours le temps ou la patience pour donner toute mon attention à mes enfants », disait une maman de mon entourage. Une autre ajoutait: « Je n’arrive pas toujours à être consistante dans mes demandes! Parfois je laisse trop aller, parfois je me fâche un peu trop… C’est difficile d’être parents ».

Les enfants, même les petits, même les plus débordants d’affection, ne sont pas dupes. Sans pouvoir toujours le verbaliser, ils se doutent bien que leurs parents ne sont pas toujours parfaits! Ils en profitent parfois. À d’autres moments, ils peuvent nous étonner par leur bienveillance. À quatre ans, Nicolas disait avec un soupir navré, un jour où il n’avait pas ses souliers pour la garderie : « C’est maman qui a oublié… » Une amie me racontait aussi qu’un soir, au moment de la prière qu’elle faisait avec lui, son garçon de 6 ans lui avait recommandé avec assurance : « Toi aussi, maman, demande pardon à Jésus pour t’être fâchée très fort contre moi! » Mais jusque dans le sérieux de certaines situations familiales fragiles voire problématiques, aux yeux lucides de l’enfant, le parent sera très souvent excusé. Il sera malgré tout aimé très profondément. Il y a aussi une dimension inconditionnelle à l’amour des enfants pour leurs parents.

« Je t’aime au-delà de tes limites, au-delà de tes refus, au-delà de ma confiance parfois déçue », pourrait dire l’enfant. Car c’est l’amour de ses parents qui faire vivre le jeune enfant. Et certainement que l’amour de l’enfant a quelque chose à voir avec le « devenir-parent » des adultes.

« Je t’aime d’un amour éternel, dit Dieu. Au-delà de tes limites, au-delà de tes refus, au-delà de ma confiance parfois déçue ». Notre propre enfantement d’adultes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu n’est pas terminé.

Au cœur de notre existence, dans la vérité de nos limites à dépasser et dans le pardon bienveillant, jusque dans les tornades du quotidien, s’entendent les vœux joyeux et affectueux de la Saint-Valentin! Il me semble qu’à travers la reconnaissance de l’importance de chacun aux yeux des autres membres de sa famille, se dévoile quelque chose de l’importance que nous avons aux yeux de Dieu. Comme si l’amour des uns pour les autres pouvait nous révéler, un peu plus tous les jours, l’amour de Dieu pour chacun de nous.

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