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De l’autre bord

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Novembre! De tous les mois de l’année, novembre se situe au plus bas sur le thermomètre de la joie. Le soleil se cache souvent et, quand il daigne se montrer, il a tous les symptômes de la dépression. Le vent bougonne en bousculant tout sur son passage. En se dépouillant de leur feuillage, les arbres dressent leurs branches comme s’ils avaient peur! La désolation remplit le paysage qui se montrait si généreux durant les mois précédents.

La tradition consacre novembre au souvenir des morts. Dès le début du mois, les coeurs se serrent. Nous prions pour nos défunts et avec eux. Au milieu du mois, le 11 nous rappelle que beaucoup _ beaucoup trop! _ ont versé leur sang pour que d’autres vivent en paix.

Spécialiste des ruptures, la mort nous blesse. Elle fait ses ravages parmi les hommes et les femmes que nous aimons. Souvent, elle ne nous laisse pas le temps d’apprivoiser la terrible menace, ni de faire nos adieux. Elle ravit sans demander la permission.

Sommes-nous à ce point démunis devant la grande faucheuse? Est-elle vraiment plus forte que nous? Ne parviendrons-nous pas un jour à la faire mourir elle-même? Depuis des siècles, les savants s’acharnent sur elle. Arrivent-ils à la débusquer qu’elle reprend le maquis et lancent de nouvelles flèches sur d’autres champs de guerre. Elle s’échappe toujours et capture d’autres victimes qu’elle entraîne rageusement dans son antre.

Le coeur en forme de souvenir, nous évoquons le passé chargé de nos amours. “Tu te souviens quand il disait… Et la fois que… C’était si bon quand…. Le son de sa voix… son regard… son odeur…” Nostalgie de jours heureux, embellis par la distance qui nous en sépare.

À tous ces souvenirs, nous ajoutons des rêves: “Comment ça se passe là où tu es….”, chante Jean Lapointe. Nous essayons d’imaginer l’au-delà. Toutes les fantaisies traversent nos imaginaires. Mais impossible certitude, douloureuse incertitude! Il ne nous reste que des souhaits, des désirs: “Qu’elle soit heureuse… Qu’il soit en paix… Qu’il voit enfin…” Nous aimerions que nos défunts se retrouvent aux endroits familiers où nous les avons connus. Qu’ils continuent de partager nos joies et nos aspirations. Et que la vie se poursuive comme avant… Nous leur souhaitons un bonheur à hauteur de terre, à la mesure de nos regards…

Un homme est déjà ressuscité d’entre les morts par la puissance de Dieu. Il n’est pas simplement revenu en arrière reprendre une vie que la mort lui aurait volée. Il est ressuscité, le même et pourtant difficile à reconnaître, accessible et inaccessible à la fois. En lui, la vie, celle qu’on avait perçue auparavant, a pris des proportions inouïes. Elle est apparue sous des aspects inimaginables. En mieux, en beaucoup mieux.

Nous espérons pour nos morts. Peut-être qu’eux aussi espèrent pour nous. Peut-être qu’ils nous appellent vers eux parce que, chez eux, c’est mieux qu’ici. Peut-être qu’ils nous souhaitent l’inimaginable…

Finalement, peut-être que leur espérance à notre égard est plus juste, plus vraie, plus réaliste que la nôtre à leur endroit.

Dans l’autre vie y’a pas de mort
Y’a que d’la vie de l’autre bord
Dans l’autre vie y’a pas de mort
Y’a que d’l’amour de l’autre bord (Jean Lapointe)

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